mercredi 12 mars 2008

Du CAML (2) pour de vrai !

Lieu maudit, au delà de toute rédemption car même le Christ-Roi renonça jadis à le sauver, le CAML abrite des espèces animales et végétales dont la seule mention suffit à calmer les plus récalcitrants, parodies grotesques de la Création. Abandonnées par un Dieu veule pour une faute dont les âges ont englouti la mémoire, elles furent récupérées, perverties, corrompues par le Malin (le Malin ne peut créer, néanmoins il assure quand il s'agit de foutre le bordel).

Je ne peux résister à l'envie de vous faire partager ce passage de l'Evangile selon Saint Chuck Norris. Jésus roulait tranquillement sur l'autoroute Melun-Bethléem quand le GPS de Paul fit des siennes, et ils se retrouvèrent au CAML.
"Et le Seigneur dit à ses Disciples, avides de Sa parole :
En vérité je vous le dis, je suis tel le bon berger menant les moutons. Sale est mon slip mais sûr est mon Oeil. Et ici, ça pue la mort.
Et Robert demanda : que faut-il faire ?
Et le Seigneur dans son Amour lui dit :
En vérité je te le dis, une armée des hommes s'établira ici dans 2000 ans, et ce sera bien fait pour leur gueule. En attendant, nous, on rentre à Nazareth et si y'en a un qui reparle de ça à qui que ce soit, je plante sa soeur"

Et Jésus est quelqu'un connu pour avoir toujours raison, le consensus est général à ce propos.

En lieu et place d'un bien classique classement de type " du moins évolué au plus évolué" (et donc de la flore à la faune), je procèderai du moins agressif au plus agressif. Et je peux d'ores et déjà vous assurer que la bataille pour la première place fut aussi rude que celle que je menai contre ces saloperies.

Le crapeau-bête :
La nuit, des légions de petits crapeaux se manifestent, sans bruit, mais pas sans ressorts. En effet, la principale activité de la plus bête des formes de vie de ce top est le saut, si possible 14 atosecondes avant que le pied ne l'homme ne l'écrabouille. Il est donc hilarant de lui courir après, sauf si l'on vous regarde, auquel cas paye ta honte. Le crapeau-bête gagne 2 points pour "roxxance bondissante" : une boule de 4*4*5 cm qui bondit à 80 cm, je dis ch(r)apeau.

Un crap... ah non, c'est une grenouille. Oui ben, je fais ce que je peux.

La poule-bête :
C'est une poule. Non, vraiment, les permanents du CAML hébergent une putain de poule. Je ne m'étendrai pas sur la stupidité légendaire de la poule. Elle ne dépasse d'un point le crapeau-bête que grâce à une astuce fun. Astuce connue comme le loup blanc mais que je n'avais point eu l'occasion de voir auparavant. Elle consiste à cacher la tête du bestiau sous son aile avant de la bercer. Quelques allers-retours, on pose, et elle ne bouge plus. Plus. Bref, une poule (et merci au chef pour la technique !). 4 points parce qu'elle ne fait pas exprès de ne pas être agressive.

Oui, je pousse le vice jusqu'à vous montrer la photo d'une poule.

L'oiseau-moi :
Mettons-nous d'accord, je suis très mal placé pour critiquer la mégalomanie, l'égocentrisme, l'ultratrophie du moi de l'oiseau-moi. Je pense vous l'avoir prouvé à moultes reprises (ie, toutes les trois phrases). Mais jamais, au grand jamais je n'ai eu la bassesse, la faiblesse d'âme de ce piaf. Ses CONgénères et lui ont passé quinze jours perchés sur les rétroviseurs des P4. Quinze jours à se regarder dans ces foutus rétros. Q-u-i-n-z-e. 7 points à l'oiseau-moi pour avoir grillé le précédent record tenu par Tom Cruise, sur le narcissomètre de mon PC.

Les pythons :
Les serpents ont une place à part dans l'imaginaire collectif, notamment judéo-chrétien. Chez nous, malgré une taille et une dangerosité minimes, on leur jette de l'ail, des crucifix, on les pend place de Grève avant de se laver les yeux à l'eau bénite, souillés qu'ils sont d'avoir vu si mauvaise bête. En Afrique, ils les bouffent. Au CAML, et bien, ils les hébergent aussi.
Deux pythons vieux de trois mètres et longs de plus de dix ans coulent des jours tranquilles dans la cage de la photo ci-dessous. Matez-moi ça, n'a-t-il pas un sourire adorable ? Awwww.
10 points pour Gryphon... pardon, 10 points pour le couple de pythons, c'est vraiment en souvenir du péché originel, pour avoir trompé Eve. Non, sérieux, c'est naze de s'en prendre aux plus fragiles mentalement.

Il est pas mimi ? 3m de long, mine de rien, le con.

La Terreur des Berges :
Une horreur reptilienne sans nom, plus vieille que l'homme et plus féroce. Qui ne craint pas le crocodile n'a jamais eu à traverser une rivière Africaine...
Oui, un de ces titans du fleuve a trouvé refuge au CAML. Qui chantera les prouesses de celui qui le prit au piège ? Qui honorera la mémoire du sacrifice des soldats et des locaux qui le traquèrent sans relâche ? Pas moi, car se situer si bas dans le classement, ça cache quelque chose. Non, parce que, entre un monstre du Nil de 7 m et le gayzor d'1 m 30 du CAML, y'a un monde.

No comment tellement j'ai honte pour lui.

Le plus dangereux, c'est sa capacité à se téléporter à volonté. Je ne l'ai pas vu remuer le moindre muscle de deux semaines, ou donner un quelconque signe de vie. Pourtant, il changeait régulièrement de place... 14 points au croco en raison de son potentiel latent. On verra, oh oui, on verra si les gogols au potail me traiteront de raciste quand je reviendrai dans 5 ans et qu'il sera adulte et bien dressé.

Le Manguier tueur :
La mangue,à la base, n'est pas l'entité la plus agressive qui soit. Elle est même fort sympathique en bouche, et convient parfaitement en robe Dior pour les soirées de monsieur l'ambassadeur. Je connais des mottes de beurre et certains enjoliveurs de marque japonaise qui ne peuvent pas en dire autant.
Accrochée à son arbre ivoirien, la mangue tombe le masque et se révèle une prédatrice implacable. Voici son mode d'attaque : dès qu'un 1ère classe charismatique et envoûtant (au hasard, moi) effectue sa patrouille à proximité, le manguier tueur largue une salve de semonce. C'est une ruse : le bâtard est en train d'ajuster son tir. Qui plus est, l'arbre est parait-il un nid, que dis-je, un HLM à mambas verts, attendant patiemment que la sentinelle soit assommée par les fruits pour la dévorer.
Je donne 32 points au manguier tueur en raison de son faible rayon d'action : il n'y en a qu'un sur le camp. Et puis, le pouvoir de destruction de la mangue est loin d'égaler celui de sa rivale...

Non, sérieux, il a pas un profil de psychopathe ?

Le Cocotier tueur :
Vous vous en souvenez, le CAML est planté au beau milieu d'une cocoteraie de plusieurs hectares. Et le camp lui-même compte quelques de ces dangereux spécimens névrophiles. Le modus operandi est très proche de celui du manguier, les mambas en moins. Proche, mais tellement plus dévastateur. Le cocotier tueur a pour lui le nombre, le poids de la munition et la distance noix-tête (plus importante que le manguier). 40 points pour l'hostilité faite plante.

Vu, les trois enculés qui attendent de racine ferme les baigneurs inconscients ?

La mouche tueuse :
Tout le monde connait l'expression "enculer les mouches" qui conspue la tendance de votre interlocuteur à s'accrocher à des points de détail insignifiants de votre discours.
Et bien, il y a des eons, en Afrique, un copain de classe de Lucy a littéralement enculé une mouche. S'adapter ou mourir, a dis Darwin (ou était-ce Himmler ?). Et bien, cette mouche s'est adaptée, lentement. Dans le secret des siècles, sa descendance a ruminé sa sombre vengeance. Elles se sont multipliées, multipliées et l'heure venue, ont fondu sur la douce Afrique comme un escadron de missionnaires sur un village animiste. Repues de sang et de larmes, elles se sont retirées, peu apaisées de leur festin et avides de chair fraîche et exotique.

Ceci est à mon sens l'explication la plus plausible à la cruauté malsaine de ces saloperies d'insectoïdes de mierda. J'ai eu le malheur de m'écorcher le genou, et, pays sous-civilisé aidant, la cicatrisation ne fut et n'est toujours pas aussi prompte qu'espérée. Et tu vois pas que ces connes de mouches, par escadrilles de deux/trois, venaient se coller à la plaie quand le destin me forçait à me balader en shorts ? MERDE A LA FIN, CHUIS PAS UN STEAK !
Autre explication : elles avaient aussi faim que les Ivoiriens eux-mêmes. Verdict : 27 000 points.

Outsiders :
Je remercie les participants suivant qui ont vaillament défendu leur pain.
- l'amandier tueur, à même pas 10 mètres du manguier. Mais sans les serpents, le poids des munitions ou la classe de ses mentors. L'utilisation de tactiques minables le relèguent hors catégorie. Sa spécialité est de faire tomber les amandes sur le toit de tôle juste au-dessous, provoquant un boucan apte à faire psychoter la plus ferme des sentinelles, la nuit.
- le varan-bête. Alors lui rate tous les tests hormis celui de la suprême imbécilité. Déjà, je ne l'ai pas vu au CAML mais au 43ème bima à Abidjan, pendant une garde. Et j'ai été déçu : je m'imaginais les monstrueux dragons de Komodo, 3 m, friands de petites filles. Je suis tombé sur un atrophié du bulbe d'1m20 à tout péter, con comme son prépuce. A ma vue il tenta désespérement de s'enfuir, luttant tel un demeuré pour passer le grillage aux mailles un poil trop serrées pour lui. J'ai regretté de ne pas avoir mon appareil photo, la vidéo aurait fait un carton sur youtube.

Ainsi se termine le récit de ma vie au Centre d'Aguerrissement en Milieu Lagunaire. La prochaine fois, ma vie à Lomo nord !
Cya.

2 commentaires:

Anonymous nami a dit...

Ouf ! tu en es sorti vivant !
Echapper à l'attaque du manguier tueur relève de l'exploit !!!

Mais que te réserves la suite de ce périple en terre hostile ?!!!

13 mars 2008 à 09:10  
Blogger tatiana a dit...

yo
tu fais des posts trop longs ... jsuis blonde, jai pas le courage de les lire jusquau bout ...

20 mars 2008 à 11:28  

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